Quelques généralités sur les ouvrages de référence

GÉNÉRALITÉS SUR LA DOCUMENTATION CONCERNANT LA FAUNE

Il existe de nombreux guides d’aide à la détermination et il est souvent difficile d’opter pour l’un ou pour l’autre. Plusieurs critères les distinguent : ils sont plus ou moins complets, illustrés de photos ou de dessins, basés sur des clefs dichotomiques, sur des critères systématiques, sur l’habitat ou selon des critères plus arbitraires comme la taille ou la couleur.

En ce qui concerne leur contenu, on ne peut attendre le même niveau d’exhaustivité pour tous les groupes zoologiques. Les guides ornithologiques des oiseaux d’Europe sont complets, en effet, compte tenu du nombre d’espèces européennes (700 à 850) on peut trouver des ouvrages où elles sont toutes décrites. Il en est de même pour les reptiles (un peu plus de 80 espèces), pour les amphibiens (moins de 50 espèces) et pour les mammifères (près de 185 espèces). Chez les Invertébrés, les choses sont moins simples. On peut trouver des guides complets sur les mollusques terrestres (autour de 300 espèces), mais ce ne sera pas le cas pour les insectes dont le nombre d’espèces en Europe dépasse sans doute les 60000. Dans ce cas, les guides « généralistes » traitent d’un nombre limité d’espèces considérées comme les plus fréquentes. On trouvera aussi des guides spécialisés sur un ordre : les libellules, les papillons, les sauterelles etc. Pour les arachnides (plus de 1500 espèces) et les myriapodes, mais aussi pour un grand nombre d’insectes, la difficulté vient surtout des critères de détermination qui se fondent sur des détails anatomiques non visibles à l’œil nu et nécessitant parfois des dissections.

N’oublions pas les ouvrages anciens comme la faune de France de Rémy Perrier, toujours éditée chez Delagrave. Ce sont d’excellents guides à la détermination grâce à des clefs dichotomiques précises et claires, malheureusement le nom d’espèce auquel on aboutit se révèle souvent obsolète, les remises à jour permanentes  de la systématique ayant conduit à « rebaptiser » bon nombre d’espèces.

En résumé, dans la majorité des cas, un ouvrage ne suffit pas, chacun ayant ses points forts et ses lacunes. Les gouts personnels sont aussi à prendre en compte (guide de terrain ou ouvrage de bibliothèque, dessins ou photographies, ouvrages basés sur la systématique ou sur un biotope ou une région etc.), et enfin bien entendu, le niveau de compétence et/ou les ambitions de l’utilisateurs et les questions qu’il se pose.

Les livres cités dans les fiches pratiques ne sont qu’un élément d’une bibliothèque possible, beaucoup d’entre eux sont épuisés et indisponibles en librairies. Heureusement, il existe un marché de l’occasion chez les bouquinistes et sur certains sites spécialisés.  La majorité ne sont pas ce que l’on appelle des succès de librairies, ils concernent un marché relativement restreint, ils ont été édités dans un nombre limité et non ré-édités. Cependant, certains ouvrages « incontournables » comme le Peterson pour les oiseaux ont fait l’objet de très nombreuses ré-éditions (plus de 12), souvent complétées et améliorées.

Une dernière difficulté vient de l’évolution importante et permanente de nos connaissances de la phylogénie, en grande partie due aux apports de la biologie moléculaire et de la connaissance des génomes d’un nombre croissant d’espèces. Il s’en est suivi une inévitable et salutaire remise à jour de la systématique, restructuration des familles, des ordres au sein de phylums dont le contenu a été également modifié. Les ouvrages anciens sont ainsi devenus obsolètes pour ce qui concerne la détermination du genre et de l’espèce. Pour certains d’entre eux, comme « La faune de France Illustrée » de Rémy Perrier, ils constituent néanmoins un outils de détermination extrêmement précieux et qui se révèle très formateur sur le plan de la connaissance des espèces et de leur anatomie. Certes l’exercice de détermination peut aboutir à une terminologie aujourd’hui dépassée, mais il n’est pas difficile de retrouver les synonymies.

Aujourd’hui, les ouvrages ne constituent plus la seule source de références documentaires. De nombreux sites proposent des informations en grand nombre, mais de qualité très variable. Très commodes d’accès, souvent brillamment illustrés, les sites consacrés à la faune sont néanmoins des outils incontournables. Certains sites sont administrés par de grands spécialistes (ex. Le monde des Insectes.com) au sein de chaque groupe zoologique et fournissent ainsi des supports indispensables pour ceux qui souhaitent progresser. Ces sites ont en outre aujourd’hui un rôle essentiel dans la collecte d’informations validées qui permet d’améliorer nos connaissances de la biodiversité à l’échelle européenne, nationale et régionale.

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