L’hirondelle rustique

C’est l’hirondelle la plus courante en France avec l’hirondelle des fenêtres et on peut la voir quasiment partout. Son apparente abondance cache un déclin particulièrement préoccupant. En cause, la disparition de ses proies (les petits insectes volants) et de ses sites de nidification.

L’hirondelle des cheminées

L’hirondelle des granges

Hirundo rustica

POSITION SYSTÉMATIQUE  Vertébré, Oiseau, Passeriformes

Familles des Hirundinidae

ETYMOLOGIE :

C’est la dernière hirondelle de France à appartenir au genre Hirundo qui veut logiquement dire, l’hirondelle en grec comme en latin. Les trois autres hirondelles nicheuses en France correspondent à trois autres genres.

rustica signifie “campagne”. En opposition à urbicum (ou urbica), nom de l’hirondelle des fenêtres qui signifie “des villes” en latin.

Les Anglais l’appellent comme (une partie d’entre) nous : Barn swallow, “l’hirondelle des granges”.

 

DESCRIPTION :

Taille : Avec ses 18-19 cm et son envergure comprise entre 30 et 35 cm, c’est la plus grande hirondelle de France. Mais ce critère est difficile à apprécier in situ. Il est rare, quand on la voit en vol, d’avoir un autre objet au même plan pour comparer les tailles.

 

Coloration : Oiseau noir avec tout le dessous blanc un peu sale. Quand la visibilité est bonne, on distingue la bavette rouge sombre qu’aborde les adultes de l’espèce. Le noir également révèle des reflets bleu pétrole.

 

Forme/Allure : Allure typique des hirondelles : effilée avec les ailes en forme de petites faux. L’hirondelle rustique possède à la différence des autres espèces, une queue longue et effilée formant une espèce de fourche immanquable (en vol comme posée). Elle possède un petit bec en forme de triangle capable de s’ouvrir largement. Clairement un oiseau taillé pour la chasse en vol.

Vol : Vol caractéristique, rapide et vif. Des virement secs comme des changements d’altitude brusques, l’hirondelle chasse à vue. On remarquera que dans les zones rurales notamment, elles se partagent souvent l’espace aérien avec les martinets noirs qui volent plus haut.  

Cri : Les hirondelles, certainement parce qu’elles sont sociales et dures à prédater en vol, sont des animaux plutôt bruyant. L’hirondelle rustique possède toute une gamme de cris secs et roulés permettant de maintenir un contact avec ses congénères. En prenant l’habitude d’être attentif à leur agitation, on remarquera souvent des rapaces ou des corvidés qu’elles harcèlent jusqu’à ce qu’ils aient quitté leur espace aérien.

COMPORTEMENT :

Son comportement le plus emblématique est certainement sa prédisposition à se poser sur les fils électriques et de telecom. Il faut dire qu’ils ont un avantage : ils bordent les champs, prairies, routes… bref, les zones assez dégagées pour chasser les insectes. Chaque personne qui a vu voler une hirondelle (tout le monde donc.) conçoit que les espaces ouverts sont plus adaptés au vol de l’hirondelle et c’est pour ça qu’on ne la voit jamais dans les zones boisées. Si elle est là, c’est au dessus des frondaisons en chasse.

Les hirondelles rustiques, comme les autres hirondelles, sont résolument grégaires. Sinon le fait de faire leurs nids aux mêmes endroits, les groupes d’hirondelles présentent des comportements sociaux. Un cri d’alerte suffit à rameuter plusieurs dizaines d’hirondelles pour chasser l’épervier ou le gêneur de passage. Pareillement, lors d’une éclosion massive d’insectes volants, elles sont très rapidement nombreuses à manger.

Un dernier comportement original a lieu au moment de la construction des nids. C’est un des rares moments où l’on peut apercevoir une hirondelle à terre. Elles y ramassent de la boue et des fétus de paille/herbacée pour façonner leur nid caractéristique.

A noter : l’hirondelle rustique n’hésite à houspiller les chats.

 

DETAILS A VERIFIER :

C’est l’un des premiers oiseaux que l’ornithologue amateur parvient à distinguer des espèces proches ou ressemblantes. Voici les détails à vérifier :

  • La longue queue fourchue et effilée. Des tâches blanches à la base de la queue visibles quand la queue est étalée.
  • un collier noir ceinture une gorge rouge sombre
  • le croupion est noir. C’est le critère le plus facile à voir en vol ; il permet de discriminer l’hirondelle des fenêtres qui a le croupion blanc. 

AIRE DE REPARTITION, STATUT :

C’est une espèce dite “holarctique” : elle couvre tout l’hémisphère nord au dessus du tropique du cancer. 6 sous-espèces se partagent le monde et presque toutes migrent vers l’hémisphère sud. La sous-espèces visible en France est présente dans toute l’Europe, l’Afrique du Nord et jusqu’à l’ouest de la Chine et jusqu’en Sibérie.

Les populations de France migrent jusqu’au Cap. Quelques rares individus (une centaine)  hivernent en France notamment en Camargue et tout le long de la côte Atlantique.

L’espèce est extrêmement sensible aux conditions climatiques. Son mode de nourrissage (chasse en vol de petits insectes) ne tolère pas les pluies prolongées. Un été trop humide peut sérieusement impacter les succès de reproduction et le nombre de jeune qui parviennent à l’âge adulte. Les populations fluctuent donc naturellement de manière conséquente.

Mais une autre tendance est observée depuis les années 70, c’est l’impact de l’homme sur la baisse des effectifs. La prestigieuse association anglaise RSPB observe des individus revenant d’Afrique en moins bon état qu’auparavant et pointe des effets probables du réchauffement climatique sur les zones d’hivernage. Sur les lieux de nidifications, des printemps trop froids et des étés trop chauds peuvent également avoir des effets (notamment) sur le développement de leurs proies. Enfin, la disparition des fermes et lieux typiques de nidification semble impacter l’espèce.

C’est une espèce protégée.

 

HABITAT :

Zones rurales. Plaines, bocages, champs. Plus rare en ville sauf à y trouver de grands espaces verts.

 

PÉRIODE D’OBSERVATION :

L’espèce est visible de mars à octobre. Chacun peut noter facilement le premier jour de l’année où il voit des hirondelles pour le comparer aux années suivantes.  

 

BIOLOGIE

Alimentation :

L’espèce est carnivore et se nourrit de petits insectes volants de diverses familles. Hyménoptères, diptères mais aussi des chenilles qui se pendent aux arbres. En bref, tout ce qui est en l’air et assez grand pour être avalé.

 

Reproduction :

Aux alentours du mois d’avril, les hirondelles rustiques ré-inspectent les nids de l’année passée. S’ils sont détruits ou en mauvais état, elles mettront entre une semaine et 15 jours pour le reconstruire. Ces nids sont situés le plus souvent dans des granges, étables et autres bâtiments ruraux ouverts en permanence sur l’extérieur.

Environ 5 œufs sont déposés. Seule la femelle couve les œufs une quinzaine de jours (plus ou moins selon les conditions météo). Au bout de deux semaines, les petits éjectent eux–même leurs selles par dessus le nid ce qui explique la “saleté” autour des nids. Âgés d’environ 3 semaines, les petits sortent du nid. C’est le moment où on apercevra près des sites de nidification, les jeunes alignés en attendant la bectée (voir photo).

Remarques :

Il n’est pas rare de les voir boire ou se “baigner”  sur les lacs et les étangs calmes. Elles passent alors en rase-motte et s’abreuvent ou se mouillent en un passage.

 

RÉFÉRENCES ORNITHOLOGIQUES :

Couzens, 2006. Identifier les oiseaux par leur aspect, leur comportement et leur habitat. Artemis.

Couzens, 2013, Identifier les oiseaux : Eviter les pièges d’identification les plus complexes. Delachaux & Niestlé.

Groupe Ornithologique Breton, 2012. Atlas des oiseaux nicheurs de Bretagne. Delachaux & Niestlé.

Coordination régionale LPO Pays de Loire, 2014. Oiseaux nicheurs des Pays de la Loire. Delachaux & Niestlé.

Yeatman-Berthelot, Jarry, 1995. Nouvel atlas des oiseaux nicheurs de France 1985-1989. Société Ornithologique de France.

Issa, Muller, 2015. Atlas des oiseaux de France métropolitaine : nidification et présence hivernale Volume 1. Delachaux & Niestlé.

Géroudet, 1961. Les Passereaux 1 :du coucou aux corvidés. Delachaux & Niestlé.

Peterson, Mountfort, Hollom & Géroudet, 1994 (1ère édition en 1954). Guide des Oiseaux de France et d’Europe. Delachaux & Niestlé.

Vansteenwegen, 1998. L’histoire des oiseaux de France, Suisse et Belgique. Delachaux & Niestlé.

Vinicombe, Harris, Tucker, 2014. Le Guide expert de l’ornitho : Pour éviter les pièges de l’identification. Delachaux & Niestlé.

 

SITES SPÉCIALISÉS :

Les oiseaux de France, consulté en 2019, L’hirondelle rustique (France – en français)

INPN, consulté en janvier 2019, L’hirondelle rustique (France – en français)

RSPB, consulté en janvier 2019, Why swallow populations fluctuate. (Anglais, en anglais)

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