La bécassine des marais

Aussi connue qu’elle soit, la bécassine des marais reste un oiseau aux mœurs plutôt méconnus. Son habitat très spécifique et son incroyable discrétion ne facilitent pas son étude.

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La chevrelle (en raison du cri du mâle pendant la parade nuptiale)

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Bécassine des marais

POSITION SYSTÉMATIQUE  Vertébré, Oiseau, Charadriiformes

famille des Scolopacidés (limicoles)

ETYMOLOGIE :
Du latin gallina : la poule.
Les anglais la nomment « Common snipe » : la bécassine commune.

DESCRIPTION :

Taille : Entre 25 et 27 centimètres. C’est la taille d’un gros merle. Mais comme souvent dans les milieux humides où l’on observe de loin à la jumelle, elle pourra sembler plus grande qu’elle ne l’est réellement.

Forme / Allure : Avec leurs longs becs droits et leurs allures plus rondes (qui corroboreraient le nom latin) que les autres limicoles, la bécassine des marais est un oiseau qu’on peut difficilement confondre sinon avec la bécassine sourde (voir ci-dessous).

Coloration : C’est un oiseau qui se fond particulièrement bien dans les herbes grasses et hautes des marais et des prairies humides. Le plumage est marron foncé sur le dos et rayé de lignes diffuses claires. Le devant est moucheté de marron sur fond clair. Son bec est bicolore : clair à la base et sombre au bout.

Comportement :

L’espèce pâture entre les herbes ou en bord d’étendues d’eau à la recherche de nourriture. Elle n’enfonce pas profondément son bec dont elle se sert principalement pour aspirer ses proies. Selon D. Couzens, l’espèce se nourrit généralement en groupe là où les autres bécassines sont solitaires.

Au moindre mouvement suspect, la bécassine se tapie dans l’herbe. Immobile, mimétique et cachée il n’est pas simple de la trouver à vue. Si vous avancez dessus, elle s’envolera au dernier instant face au vent et en poussant un “kètch”.

 

DÉTAILS À VÉRIFIER :

Les rayures sur la tête, son long bec et la forme de sa queue  en éventail (si vous la voyez en vol) restent les meilleures clés de détermination pour la différencier de la bécassine sourde (Lymnocryptes minimus)

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Détermination bécassine des marais

AIRE DE RÉPARTITION, STATUT :

L’espèce (et ses sous-espèces) est considérée comme holarctique, c’est à dire qu’elle est visible dans tout l’hémisphère nord au dessus du Tropique du Cancer. La moitié nord de la France correspond exactement à la limite sud de son aire de nidification mais en hiver, le territoire se situe en plein milieu des latitudes d’hivernage.

Des migrateurs gonflent très largement les effectifs de populations sédentaires en hiver.

Sans qu’on ne sache bien pourquoi, le nombre de couples chanteurs baisse significativement en France. L’Atlas des Oiseaux de France Métropolitaine de N. Issa et Y. Muller évoque entre 200 et 300 couples en 1980 et entre 37 et 62 en 2012. Enfin, les couples nicheurs semblent aujourd’hui délaisser des bastions autrefois puissants (le Marais Breton en tête) pour privilégier le centre de la France et son massif.

Au Royaume-Uni en revanche, ce sont près de 80 000 couples qui nichaient encore en 2013.

La population hivernale de France était estimée à 400 000 individus à la fin des années 90.

L’espèce est un gibier d’eau. Elle est donc chassée (275 000 oiseaux prélevés sur la dernière saison de chasse pour laquelle il existe des chiffres c’est à dire 1998/1999).

HABITAT :
C’est un oiseau qui parcourt uniquement les eaux douces !

On peut la trouver dans tous les marais, tourbières ou bords de lacs et étangs pourvues en herbes grasses et hautes (typiquement les cariçaies humides et peu accessibles) mais également les lisières de bois humides.

Si les endroits qu’elles affectionnent sont très souvent difficiles d’accès. On peut parfois la trouver dans des espaces très réduits tels que de petits marais dunaires de quelques dizaines de mètres de large ou même des flaques rurales lors des hivers rudes..

La végétation constituée d’herbages humides, hauts et peu denses reste une condition sine qua non à sa présence. C’est là que son plumage cryptique et sa stratégie de dissimulation sont le plus efficaces.

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Bécassines des marais

PERIODE D’OBSERVATION
En France on peut la voir toute l’année mais principalement l’hiver où elle recouvre entièrement le territoire. En raison de son habitat spécifique, sa présence est plus clairsemée dans l’intérieur des terres.

Les vastes zones humides qui ceinturent les grands fleuves et/ou les marais côtiers restent en effet les endroits privilégiés pour observer la bécassine des marais.

BIOLOGIE :

alimentation :
Vers, insectes et mollusques mais aussi des graines, la bécassine des marais prélève tout ce qui passe par la paille que constitue son bec.

reproduction :
Une parade nuptiale crépusculaire plutôt élaborée(parade aérienne du mâle) donne lieu a des premières pontes en avril et jusqu’à juillet. 4 œufs (rarement 3, exceptionnellement 5) sont pondus par la femelle dans une touffe d’herbe. Le nid passe pour être extrêmement discret d’autant que, selon Géroudet, la femelle replie des herbes dessus.

Après 20 jours d’incubation; des poussins particulièrement mimétiques de leur environnement sortent des œufs. 40 jours plus tard, les jeunes deviendront des juvéniles capables de se débrouiller seuls.

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Gallinago gallinago

REMARQUES :

RÉFÉRENCES : :

Couzens, 2006. Identifier les oiseaux par leur aspect, leur comportement et leur habitat. Artemis.

Couzens, 2013, Identifier les oiseaux : Eviter les pièges d’identification les plus complexes. Delachaux & Niestlé.

Groupe Ornithologique Breton, 2012. Atlas des oiseaux nicheurs de Bretagne. Delachaux & Niestlé.

Coordination régionale LPO Pays de Loire, 2014. Oiseaux nicheurs des Pays de la Loire. Delachaux & Niestlé.

Yeatman-Berthelot, Jarry, 1995. Nouvel atlas des oiseaux nicheurs de France 1985-1989. Société Ornithologique de France.

Issa, Muller, 2015. Atlas des oiseaux de France métropolitaine : nidification et présence hivernale Volume 1. Delachaux & Niestlé.

Géroudet,1967. Les Echassiers. Delachaux & Niestlé.

Perrier, 1924. Faune de France Illustrée, tome X Vertébrés. Delagrave.

Peterson, Mountfort, Hollom & Géroudet, 1994 (1ère édition en 1954). Guide des Oiseaux de France et d’Europe. Delachaux & Niestlé.

Vansteenwegen, 1998. L’histoire des oiseaux de France, Suisse et Belgique. Delachaux & Niestlé.

Vinicombe, Harris, Tucker, 2014. Le Guide expert de l’ornitho : Pour éviter les pièges de l’identification. Delachaux & Niestlé.

Fédération Nationale des Chasseurs, Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, 2008, Tout le gibier de France. Hachette Pratique.

Les oiseaux de France  http://www.oiseaux.net/oiseaux/france.html

https://www.bto.org/sites/default/files/u16/downloads/other_reports/apep3.pdf

http://www.rspb.org.uk/discoverandenjoynature/discoverandlearn/birdguide/name/s/snipe/

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/2543

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