L’avocette élégante

Difficile de ne pas reconnaître cet oiseau emblématique avec son plumage blanc et noir et son bec unique dans l’avifaune de France. L’espèce est particulièrement bien suivie par les organisations ornithologiques et ce n’est pas un hasard si elle orne le logo de la plus grande association naturaliste d’Europe : le réseau ornithologique britannique (RSPB).

Recurvirostra avosetta

POSITION SYSTÉMATIQUE  Vertébré, Oiseau, Charadriiformes

Familles des Recurvirostridae

ETYMOLOGIE :

Très logiquement, Recurvirostra signifie “bec (rostrum) recourbé (recurvus)”.

Les Britanniques l’appellent Pied avocet qui pourrait se traduire (assez mal) en français par l’avocette (joueuse de) flûte en référence à son cri aigu caractéristique.  

avocette élégante

avocette élégante

DESCRIPTION :

Taille : L’avocette élégante mesure entre 40 et 45 centimètres pour une envergure allant de 75 à 80 centimètres.

Coloration : Oiseau blanc à la calotte noire qui redescend l’arrière de la tête jusqu’à la base du cou. La base et le bout des ailes sont noirs tout comme les rectrices (plumes de la queue).  Les pattes sont gris bleu (l’échasse blanche a les pattes rouges).

Forme/Allure : Un oiseau qui paraît fragile avec ces pattes et bec longs et fins. Son bec recourbé finit le portrait de cet oiseau remarquable entre tous.

Vol : En vol, les pattes et le cou sont tendus donnant à l’oiseau une allure particulière. Le bout noir des ailes est lui aussi remarquable.

recurvirostra avocetta

recurvirostra avocetta

COMPORTEMENT :

L’avocette se déplace avec “légèreté” en longeant les berges. L’eau n’atteint que rarement la moitié de la longueur des pattes permettant à l’avocette de sonder le fond sans plonger la tête dans l’eau.

Sur le terrain :

  • Dans les milieux où on l’aperçoit, c’est bien plus petit d’un héron cendré mais nettement plus gros que les bécasseaux ou les petits chevaliers.
  • On la remarque facilement lorsqu’elle est en période d’activité. En période de repos, elle aura souvent l’habitude des échassiers : ranger sa tête (et son bec) sous son aile.  
  • C’est une espèce grégaire, elle est très rarement seule.

 

En période de reproduction les comportements sont plus complexes notamment avec des rituels lors de la couvaison ou le fait de mimer des blessures pour éloigner les prédateurs des poussins.

DETAILS A VERIFIER :

avocette baguée

avocette baguée

AIRE DE REPARTITION, STATUT :

L’espèce connaît une aire de répartition étendue, on la trouve en Afrique, en Asie et en Europe. La France accueille environ 4000 couples reproducteurs très localisés. Trois grands bastions se dessinent et concentrent la quasi-intégralité des couples : la Méditerranée (dans les zones propices entre le Lavandou et Perpignan), Le Nord et la façade Atlantique entre l’estuaire de la Gironde et le Golfe du Morbihan.

 

En hiver ce sont près de 25000 individus qui hivernent en 2013. Aux individus sédentarisés, une partie des avocettes du Nord-Ouest de l’Europe (Royaume-Uni, Pays-Bas, Danemark) viennent s’ajouter. C’est aussi l’hiver que l’espèce rentre plus profondément dans les terres principalement dans le bassin très élargi de la Loire  et le long de la Seine. Mais 90% des effectifs présents en hiver restent cantonnés à la façade Atlantique.

L’espèce semble en augmentation ces dernières années et même assez nettement ces dernières décennies. En effet, Géroudet dans Les Échassiers ne mentionne qu’un seul bastion en 1967 : la Camargue.  

 

C’est une espèce protégée.

HABITAT :

L’endroit idéal pour l’avocette ressemble aux marais salants. Des petites digues et des petits îlots qui séparent des bassins peu profonds. Où, aussi, la végétation n’est ni très haute ni très fournie.

Les lagunes, les estuaires et les marais adéquats sont donc susceptibles d’accueillir les avocettes mais elle pratique aussi des milieux côtiers plus transformés par l’Homme.

 

PÉRIODE D’OBSERVATION :

Toute l’année dans les bastions de l’espèce.

 

BIOLOGIE

Alimentation :

L’espèce est carnivore et se nourrit de petits crustacés, vers, larves, etc. Son bec recourbé lui sert de peigne qu’elle passe sur les vasières pour ne retenir que ce qu’il y a de comestible.

Reproduction :

Les parades de reproduction assez complexes commencent en mars et intègrent le choix de l’endroit où construire le nid. En fait, de nid il s’agit plutôt d’une cuvette formée par le couple et garni (ou non) de (débris) végétaux. L’incubation dure jusqu’à 25 jours et les petits voleront 7-8 semaines plus tard. Ils quittent les adultes et se rassemblent en groupe avant d’entamer les migrations hivernales d’août à octobre.

Baguage et suivi des avocettes

Il ne vous a peut-être pas échappé qu’une des avocettes qui illustrent cet article est un spécimen bagué. Grâce à ce document (combinaison 4) et à la confirmation de Guillaume Gélinaud de Bretagne Vivante-SEPNB (merci à lui !), nous avons réussi à déchiffrer le code de cette avocette : RWX/RY.

En saisissant le code dans la Base de Données en ligne de Bretagne-Vivante, on parvient à retracer l’ensemble de fois où l’animal a été vu ou re-capturé : 61 fois en 10 ans ! Un oiseau plutôt sédentaire en apparence qui, étrangement, a l’air d’avoir entamé une migration en 2010 vers l’extrême nord-ouest de l’Allemagne.
REFERENCES :

Couzens, 2006. Identifier les oiseaux par leur aspect, leur comportement et leur habitat. Artemis.

Couzens, 2013, Identifier les oiseaux : Eviter les pièges d’identification les plus complexes. Delachaux & Niestlé.

Groupe Ornithologique Breton, 2012. Atlas des oiseaux nicheurs de Bretagne. Delachaux & Niestlé.

Coordination régionale LPO Pays de Loire, 2014. Oiseaux nicheurs des Pays de la Loire. Delachaux & Niestlé.

Yeatman-Berthelot, Jarry, 1995. Nouvel atlas des oiseaux nicheurs de France 1985-1989. Société Ornithologique de France.

Issa, Muller, 2015. Atlas des oiseaux de France métropolitaine : nidification et présence hivernale Volume 1. Delachaux & Niestlé.

Géroudet,1967. Les Echassiers. Delachaux & Niestlé.

Perrier, 1924. Faune de France Illustrée, tome X Vertébrés. Delagrave.

Peterson, Mountfort, Hollom & Géroudet, 1994 (1ère édition en 1954). Guide des Oiseaux de France et d’Europe. Delachaux & Niestlé.

Vansteenwegen, 1998. L’histoire des oiseaux de France, Suisse et Belgique. Delachaux & Niestlé.

Vinicombe, Harris, Tucker, 2014. Le Guide expert de l’ornitho : Pour éviter les pièges de l’identification. Delachaux & Niestlé.

Fédération Nationale des Chasseurs, Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, 2008, Tout le gibier de France. Hachette Pratique.

Les oiseaux de France  http://www.oiseaux.net/oiseaux/france.html

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/3116

http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/22693712

http://files.biolovision.net/www.faune-loire-atlantique.org/userfiles/Combisavocettes.pdf

http://www.bretagne-vivante-dev.org/avocette/index.php

 

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