Quel est cet animal vous aide à déterminer les animaux de tout genre que vous pouvez rencontrer en France et en Europe.
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Le lézard des murailles

La fiche du lézard des murailles datait de décembre 2010. A l’époque les guides naturalistes ne prenaient en compte que deux espèces de lézards gris pour la France : le lézard des murailles et le lézard vivipare. Les remarques de l’un de nos visiteurs (Gérard Loison, voir ci-dessous les commentaires) et l’acquisition d’ouvrages plus récents m’ont obligé à constater des erreurs et des insuffisances, en particulier des confusions entre le lézard des murailles et le lézard catalan, et j’ai repris la rédaction de cette fiche. Celle concernant le lézard catalan suivra prochainement, en effet, en réexaminant mes clichés de lézards des murailles je me suis rendu compte que sur mes 150 clichés, 69 sont bien des lézards des murailles, mais 47 sont des lézards catalans, et pour les 34 autres, je suis dans l’incertitude.

Podarcis muralis Laurenti,1768.

Le lézard des murailles peut se rencontrer en zone forestière dans des endroits dégagés et ensoleillés. Grimbosq (14) 02/07/2011.

POSITION SYSTÉMATIQUE : Vertébré, Reptile, Sauriens

Famille des Lacertidae.

Podarcis muralis est une espèce originaire des Péninsules Italiennes et Balkaniques, qui étaient connectées et juste séparées par la vallée du Pô pendant les périodes glaciaires où le niveau des mers était bas. Sur les dix-huit sous-espèces anciennement reconnues, six sont actuellement validées :

  • Trois sous-espèces italiennes
  • Podarcis muralis brongniardii : nord-ouest de l’Espagne et Ouest de la France
  • Podarcis muralis menemius : centre et nord-est de l’Espagne, midi de la France
  • Podarcis muralis muralis : toute l’aire de répartition.
Podarcis muralis en phase de tigmothermie sur un rail de chemin de fer. St André sur Orne (14) 15/05/2011.

ETYMOLOGIE :

Le nom de genre Podarcis vient du grec et signifie « aux pieds agiles ». Et le nom d’espèce muralis veut dire « des murs ».

Les anglais l’ont également baptisé « wall lizard », le lézard des murs.

En espagnol il s’appelle « lagartija roquera », et en catalan « sargantana roquera ».

Podarcis muralis. Mondeville (14) 23/10/2013.

 

DESCRIPTION :

Taille : Les mâles mesurent entre 4,8 et 6,8 cm de longueur de corps (LMC = longueur du museau au cloaque), les femelles entre 4,8 et 6,9 cm, soit une vingtaine de cm avec la queue.

Forme, allure : C’est un lézard plutôt robuste, légèrement aplati, qui présente de nombreuses variantes de colorations, mais toujours dans des tonalités grise ou brune, plus rarement avec des reflets verdâtres. Les écailles dorsales sont petites et nombreuses (entre 40 et 65) avec une discrète carène médiane. La ligne médiane dorsale est souvent irrégulière ou se limite à une bande de points qui s’associe aux bandes latérales pour dessiner un motif réticulé. La face ventrale et la gorge des mâles peuvent être jaunes, orangées, rouges, cette pigmentation s’accentue en période de reproduction et elle est beaucoup plus pâle chez les femelles (blanche, orange pâle, plus intense sous la gorge). Une forme typique chez les mâles présente une pigmentation avec des taches foncées, l’iris rouge et des écailles bleues sur les cotés et le ventre.

Podarcis muralis en phase d’héliothermie. Azay le Rideau (37) 24/07/2013.

N.B. : Deux autres lézards « gris » de taille équivalente peuvent être confondus avec le lézard des murailles. Dans toute son aire de répartition il co-existe en effet avec le lézard vivipare (Zootaca vivipara), ce dernier appréciant plus les zones humides. Dans la zone méditerranéenne, il côtoie le lézard catalan (Podarcis liolepis) et la distinction entre les deux espèces n’est pas toujours aisée sur le terrain ou sur photos. Si la distinction entre Podarcis muralis et Zootaca vivipara est accessible à un bon observateur, celle entre Podarcis muralis et Podarcis liolepis demande un œil exercé (voir le tableau récapitulatif des critères d’identification en bas de cette fiche).

Chez le lézard des murailles, les écailles de la queue forment des motifs réguliers répétitifs. Mondeville (14) 02/04/2014.

           Coloration : C’est un petit lézard gris ou brun parfois teinté de vert pour la tonalité générale, mais qui présente des dessins très variables.

Comportement : Excellent grimpeur, le lézard des murailles s’observe fréquemment sur les murs (y compris ceux des habitations), les parapets, les parois rocheuses, les rocailles. On le trouve aussi le long des voies de chemin de fer. Il consacre une part importante de son temps (jusqu’à 95%) à la thermorégulation. Les lézards sont des animaux ectothermes (et non pas des « animaux à sang froid »), ils régulent leur température interne, avec un optimum à 33,8°C, en se réchauffant soit par exposition au soleil (héliothermie) soit en fin de journée au contact de surfaces chaudes (tigmothermie). Les données concernant l’espace vital sont assez variables selon les études, elle serait en moyenne d’une quinzaine de mètres carrés pour les mâles et d’une petite dizaine pour les femelles.

DÉTAILS À VÉRIFIER :

Podarcis muralis. Louvigny (14) 06/09/2014.

AIRE DE RÉPARTITION, STATUT : Le lézard des murailles est présent en Europe centrale et méridionale. Il est présent dans la France entière, du centre de l’Espagne et de l’Italie jusqu’en Belgique et au sud des Pays-Bas. C’est une espèce très commune.

Le lézard des murailles est une espèce protégée.

Lézard des murailles à la robe réticulée. St Symphorien de Lay (42) 05/07/2015.

HABITAT : Ce lézard est présent dans une large gamme d’habitats, entre le niveau de la mer et des altitudes qui dépassent 2000 m. Il affectionne les endroits abrités, avec des zones dégagées et exposées au soleil. Des sols terreux ou rocheux, des éboulis ou des vieux murs aux pierres disjointes sont des endroits propices pour le rencontrer.

PÉRIODE D’OBSERVATION : Il est actif de fin mars à octobre, mais peut interrompre son hibernation lors de belles journées ensoleillées.

BIOLOGIE :

Alimentation : Tous les lézards sont diurnes, et sont des chasseurs actifs. Le lézard des murailles a un régime essentiellement d’insectes et d’arachnides.

Podarcis muralis ayant capturé un Arthropode terrestre. Mondeville (14) 26/10/2013.

Reproduction : En période de reproduction, les mâles ont un comportement territorial. La saison de reproduction d’étale d’avril à juin. Lors de l’accouplement, le mâle maintient la femelle en la mordant au niveau de l’abdomen. Les femelles pondent jusqu’à trois fois par saison en plaine, une seule fois en montagne. Le nombre d’œufs d’une ponte varie entre trois et onze. Ils sont déposés sous une grosse pierre ou une sorte de terrier de 10 à 20 centimètres de profondeur. L’incubation dure une dizaine de semaines. La maturité sexuelle est atteinte au bout d’un an (deux hivers), pour une durée de vie moyenne de quatre ans, jusqu’à cinq à six ans en conditions favorables (maximum huit ans).

Accouplement de lézards des murailles dans des dunes littorales. Merville Franceville (14) 30/04/2014.

REMARQUES :

Les lézards ont de nombreux prédateurs : les rapaces diurnes (dont le circaète Jean le Blanc, spécialisé dans la chasse des reptiles), les pies-grièches, les corneilles, les hérons, les rats et les hérissons ainsi que les belettes, hermines, renards et blaireaux, des cas de prédation de jeunes par des mantes religieuses ont été relatées. Mais le lézard des murailles, du fait de sa présence à proximité des habitations humaines, est souvent capturé par les chats, auxquels dans le meilleur des cas, il ne laisse que l’extrémité de sa queue qui pourra d’ailleurs régénérer. Ce mécanisme appelé « autotomie caudale » est contrôlé, la contraction brutale des muscles des vertèbres provoque la rupture et des sphincters évitent une hémorragie. Des contractions spontanées de la partie amputée la font s’agiter ce qui retient généralement l’attention du prédateur et favorise la fuite du lézard. La queue va régénérer, elle sera moins longue, de couleur plus pâle et les vertèbres osseuses seront remplacées par du cartilage.

Podarcis muralis dont la queue a régénéré après autotomie. Sassy (14) 03/04/2017.

 

QUELQUES CRITÈRES POUR DISTINGUER PODARCIS MURALIS ET PODARCIS LIOLEPIS :

Taille : P.muralis est légèrement plus grand et plus massif que P.liolepis.

Allure générale : tronc et tête plus aplatis chez P.liolepis

Écailles céphaliques : Chez P.muralis, généralement présence d’une grosse écaille massétérique entourée de 20 à 50 écailles temporales assez grandes. Chez P.liolepis, l’écaille massétériques n’est pas aussi grande, elle est entourée de 50 à 110 petites écailles temporales.

Écailles dorsales : 41 à 62 rangées à mi-corps chez P.muralis, 43 à 67 chez P.liolepis.

Écailles caudales : assemblage d’écailles contrastées formant un motif répétitif régulier chez P.muralis, pas chez P.liolepis.

Pattes : tache noire au-dessus du membre antérieur chez P.muralis, pas chez P.liolepis.

Museau : plus pointu chez P.liolepis.

Régions gulaire et labiale : taches noir pur avec des contours nets et qui ne fusionnent pas chez P.liolepis, pas franchement noires, aux contours flous et qui fusionnent formant des motifs en V sous la mâchoire chez P.muralis.

Œil : iris rouge chez P.muralis, crème chez P.liolepis.

 

RÉFÉRENCES SUR LES REPTILES ET AMPHIBIENS :

Arnold & Burton, 1978. Tous les Reptiles et Amphibiens d’Europe en couleurs. Elsevier.

Barrioz, Cochard et Voeltzel, 2015. Amphibiens et Reptiles de Normandie. CPIE du Cotentin.

Diesener & Reichholf, 1986. Batraciens et Reptiles. Solar/France Loisirs.

Fretey, 1975. Guide des reptiles et batraciens de France. Hatier.

Perrier, 1924. La Faune de France Illustrée, tome X. Vertébrés. Delagrave.

Pottier, 2016. Les Reptiles des Pyrénées. MNHN.

Rivera, Escoriza, Maluquer-Margalef, Arribas & Carranza, 2011. Amfibis i reptils de Catalunya, Pais Valencia i Balears. Lynx.

Speybroeck, Beukema, Bok & Van der Voort, 2018. Guide Delachaux des Amphibiens et des Reptiles de France et d’Europe. Delachaux & Niestlé.

SITES SUR LES REPTILES ET AMPHIBIENS.

Reptiles et Amphibiens de France

Coronella. Herpétofaune de France et d’ailleurs

Fiche technique sur l’identification des « lézards gris » (Podarcis sp.) d’Aquitaine.

 

le lézard des murailles

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Podarcis muralis
Podarcis muralis

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