Quel est cet animal vous aide à déterminer les animaux de tout genre que vous pouvez rencontrer en France et en Europe.
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Le ver luisant

Comme le ver à soie, qui est un papillon, et le ver de farine qui est un coléoptère, le ver luisant n’est pas un ver ! C’est aussi un coléoptère qui présente un dimorphisme sexuel très prononcé, la femelle ayant conservé beaucoup des caractères de la larve.

Lampyris noctiluca Linnaeus,1767

Le mâle du ver luisant a une allure de coléoptère avec des élytres. Caseneuve (84) 21/06/2017.

POSITION SYSTÉMATIQUE :

Insecte, Coléoptère,

Famille des Lampyridae, tribu des Lampyrini.

ETYMOLOGIE :

Le nom de genre, Lampyris est la contraction de deux mots grecs signifiant « briller » et « fou ». Le nom d’espèce noctiluca veut dire « qui luit la nuit ».

Son nom anglais « glow worm » signifie également « ver luisant ».

Il existe une quinzaine d’espèces du genre Lampyris en Europe, dont trois en France.

La femelle de ver luisant a une allure de cloporte et des antennes avec des articles visibles. Gijounet (81) 08/08/2020.

DESCRIPTION :

            Taille : le mâle mesure entre 11 et 15 mm, la femelle entre 15 et 20 mm.

            Forme, allure : le mâle et la femelle sont très différents.

Le mâle a une allure de coléoptère allongé, de couleur brun noir, il possède une paire d’élytres souples recouvrant des ailes membraneuses aptes au vol. La tête est largement recouverte par le pronotum, elle porte des antennes courtes et de gros yeux adaptés à la vision nocturne. Un bouclier céphalique possède des petites zones translucides plus ou moins luminescentes. Le pronotum est semi-circulaire, brunâtre avec le pourtour jaunâtre translucide. Le mâle possède une paire de petits organes lumineux au niveau de l’avant dernier segment abdominal, il ne s’en sert pas en vol, mais émet de la lumière lorsqu’il est inquiété.

Face ventrale de la larve de ver luisant. Merville Franceville (14) 02/05/2016.

C’est à la femelle que s’applique le terme vernaculaire de « ver luisant ». Elle est nettement plus grosse que le mâle et a conservé des caractères larvaires, on parle de néoténie pour désigner ce phénomène. Elle est aptère et son corps est mou et aplati, constitué de segments articulés. Le pronotum ressemble à celui du mâle, les segments abdominaux sont brunâtres. Les yeux sont petits et les antennes courtes. La femelle émet de la lumière de façon continue à la nuit tombée grâce à des organes luminescents disposés sur les trois derniers segments abdominaux.

Larve de ver luisant, les antennes ne sont pas encore développées. Merville Franceville (14) 14/03/2017

La larve ressemble à la femelle, avec des taches roses ou jaunâtres aux angles postérieurs de chaque segment abdominal. Elle est très mobile mais faiblement luminescente.

            Coloration : brunâtre

            Comportement : Comme l’indique son nom vernaculaire, Lampyris noctiluca fait partie des insectes luminescents. Cette capacité intervient dans le rapprochement des partenaires lors de la reproduction. Selon les espèces, les émissions de lumières sont continues ou intermittentes, émises par un seul sexe ou les deux. Ici, ce sont les femelles qui attirent les mâles par une émission continue de lumière.

DÉTAILS À VÉRIFIER :

Lampyris noctiluca. Gijounet (81) 08/08/2020 – St Georges de Baroille (42) 28/07/2020.

AIRE DE RÉPARTITION, STATUT : Lampyris noctiluca se rencontre dans toute l’Europe à l’exception des iles méditerranéennes, mais il est présent en Grande Bretagne.

C’est une espèce qui s’est considérablement raréfiée, et qui est victime à la fois de la fragmentation de son habitat, de la pollution chimique et de la pollution lumineuse. L’éclairage urbain (et rural !) détourne les mâles de la luminescence émise par les femelles.

HABITAT : bois de feuillus, prairies humides.

PÉRIODE D’OBSERVATION : de mai à juillet-août.

Mâle de Lampyris noctiluca. St Georges de Baroille (42) 30/07/2020.

BIOLOGIE :

            Alimentation : les adultes de Lampyris noctiluca ont une durée de vie très courte de l’ordre d’une à deux semaines et ils ne se nourrissent pas. Les larves au contraire sont extrêmement voraces et se nourrissent des escargots. Elles se fixent sur leur coquille par un organe adhésif situé à l’extrémité de leur abdomen et mordent de façon répétée la chair de l’escargot en lui injectant une salive paralysante et des enzymes digestives qui la liquéfie avant de l’aspirer.

Larve de Lampyris noctiluca. Merville Franceville (14) 14/03/2017

Reproduction : la vie larvaire comprend cinq stades chez le mâle et six chez la femelle, elle se déroule sur deux ans et la larve hiverne. La larve d’abord dépigmentée devient progressivement noirâtre. La nymphose dans la litière de feuilles ou dans un abri naturel (sous une pierre, dans une fente d’écorce etc.).

REMARQUES :

La bioluminescence est un mécanisme biologique rencontré chez de nombreux organismes : bactéries, dinophycées (micro-algues), cténaires, cnidaires (méduses), crustacés (copépodes et crevettes), mollusques céphalopodes, insectes, poissons. Il s’agit de la production d’une lumière dite « froide » car elle ne s’accompagne que d’une très faible quantité de chaleur émise. C’est une lumière de couleur bleue à vert jaunâtre ce qui correspond à des longueurs d’onde comprises entre 500 et 700 nm. Si les molécules concernées peuvent varier d’une espèce à l’autre, le mécanisme reste le même : une enzyme appelée « luciférase » oxyde une protéine apparentée aux pigments, la luciférine. Cette oxydation nécessite un apport d’énergie fournie par l’ATP et des ions magnésium. La luciférine oxydée se trouve alors dans un état instable et quand elle retrouve son état initial stable elle libère un photon.

RÉFÉRENCES GÉNÉRALISTES :

Bellmann, 2006. Insectes et principaux arachnides. Vigot. (première édition en 1999).

Chinery, 2004. Complete guide to British Insects. Collins.

Chinery, 2005. Insectes de France et d’Europe Occidentale. Flammarion.

Dierl & Ring, 2009. Guide des Insectes. Delachaux & Niestlé.

Leraut, 2008. Le guide entomologique. Delachaux & Niestlé.

Reichhoff-Riehm, 1983. Les Insectes. France Loisirs. (d’abord édité chez Solar).

REFERENCES SUR LES COLÉOPTÈRES :

Albouy et Richard, 2017. Coléoptères d’Europe. Delachaux et Niestlé.

Martiré D. & F.Merlier, 2017. Guide des plus beaux Coléoptères. Belin.

Mériguet & Zagatti, 2016. Coléoptères du Bassin Parisien – Guide d’identification de terrain. Delachaux & Niestlé.

Perrier, 1932. La Faune de France Illustrée, tome VI, Coléoptères 2ème partie. Delagrave.

Richard & Maquart, 2019. La vie des coléoptères d’Europe. Delachaux & Niestlé .

SITES GÉNÉRALISTES :

Le Monde des Insectes (France – en français)

Les Insectes – site de Alain Ramel (France – en français) 

Les pages entomologiques d’André Lequet (France – en français)

Nature Spot. Recording the wild life of Leicester & Rutland (UK – en anglais)

Eakringbirds. The website dedicated to Nottinghamshire’s invertebrate fauna (UK – en anglais)

Fauna Europaea (Allemagne – en anglais)

SITES SUR LES COLÉOPTÈRES :

UK Beetles  

Kerbtier – Beetle fauna of Germany (Allemagne – en anglais)

Koleopterologie (Allemagne – en allemand)

 

 

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