Quel est cet animal vous aide à déterminer les animaux de tout genre que vous pouvez rencontrer en France et en Europe.
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Le faucon crécerellette

C’est à l’occasion d’une sortie avec un guide de la LPO que nous avons découvert ce petit faucon, le plus petit rapace diurne de notre faune. Le site choisi était un village de l’Hérault, Saint Pons de Mauchiens, au nord est de Pézenas. Dans ce très beau village en circulade, une colonie de faucons crécerellettes s’est installée depuis plusieurs années avec des effectifs variant entre 100 et 200 couples selon les années.

Falco naumanni Fleischer, 1818

Vu de dessus, un mâle de faucon crécrellette.

POSITION SYSTÉMATIQUE :

Vertébré, Oiseau, Falconiforme

Famille des Falconidae

ETYMOLOGIE :

Le nom de genre Falco, est le mot latin qui désigne le faucon.

Le nom d’espèce naumanni est une dédicace à Johann Andreas Naumann (1744-1826), agriculteur et naturaliste amateur de nationalité allemande. Il est l’auteur d’un ouvrage sur les oiseaux d’Allemagne publié en 1804. Temminck lui a également dédié une grive Turdus naumanni, la grive de Naumann ou grive à ailes rousses. Son fils, Johann Friederich Naumann, illustrateur et éditeur, est considéré comme l’un des pionniers de l’ornithologie scientifique.

Son nom vernaculaire en français est simplement du à sa ressemblance avec le faucon crécerelle, en plus petit.

En anglais, il s’appelle « lesser kestrel » le petit crécerelle.

Vu de dessous cette fois, le mâle du faucon crécerellette.

DESCRIPTION :

            Taille : c’est le plus petit faucon et même le plus petit rapace diurne de notre faune, il mesure 26 à 33 cm pour une envergure comprise entre 61 et 66 cm. Comme le montre l’une des photos, il a la taille d’une tourterelle turque.

            Forme, allure : c’est une version réduite du faucon crécerelle.

Le mâle a un capuchon bleu gris et le dessus roux vif sans taches noirs contrairement au faucon crécerelle. Le dessous est très clair, parfois tacheté de noir, parfois uni. La queue est gris bleu avec une bande noire à l’extrémité. La cire du bec et le cercle orbital sont jaunes. Les pattes sont jaune orangé avec les griffes blanches.

La femelle a le dessus roux avec des taches allongées noires. La queue rousse est rayée de noir.

Une femelle de faucon crécerellette près de son nid sous les tuiles.

            Coloration : roux et gris-bleu.

            Comportement : c’est une espèce sociable, il niche en colonies parfois nombreuses.

DÉTAILS À VÉRIFIER :

Falco naumanni.

AIRE DE RÉPARTITION, STATUT : le faucon crécerellette niche en Afrique du nord, dans la péninsule Ibérique, dans le sud est de la France, en Italie du sud, en Sicile et en Sardaigne, plus au nord en Slovénie, dans les Balkans, au sud est de la Pologne et au sud de la Russie.

En France, il est présent et nicheur dans plusieurs sites de l’Hérault, des Bouches du Rhône (Crau), de l’Aude, plus récemment des Pyrénées Orientales.

En 2008, on comptait 125 couples en Crau, 64 couples dans un village de l’Hérault (devinez où), et 5 couples dans l’Aude. En 2021, il a niché pour la première fois dans les Pyrénées Orientales, dans un village de la plaine du Roussillon.

C’est une espèce migratrice. Il est présent entre avril et juillet sur les sites de nidification. Après la ponte, il quitte ces sites de nidification entre fin-juillet et début-août pour une migration intermédiaire dans toutes les directions vers des sites de nourrissage. Ainsi la colonie de St Pons de Mauchiens se déplace vers les grands Causses des Cévennes. La véritable migration débute fin-août début septembre, avec un pic vers le 1er octobre. Elle mène les faucons crécerellettes jusqu’en Afrique sub-saharienne. Ce n’est pas une migration sur un large front comme on l’observe chez d’autres rapaces et l’on ne compte jamais de groupes importants. Ils occupent leurs quartiers d’hiver de la fin octobre à février. A partir de mars, ils remontent vers les sites de nidification, avec un pic la première moitié du mois d’avril.

Mâle de faucon crécerellette.

HABITAT : il apprécie des lieux secs et découverts où la végétation est basse : souvent des collines arides, la garrigue, des steppes, également des plaines cultivées. Son aire de répartition s’étend jusqu’au Moyen Orient et en Asie.

PÉRIODE D’OBSERVATION : avril à juillet.

Mâle de faucon crécerellette, le dos est uni.

BIOLOGIE :

            Alimentation : il se nourrit essentiellement d’arthropodes, principalement des insectes (Orthoptères, Coléoptères, Odonates), mais aussi des araignées, des scorpions, des scolopendres, moins souvent des petits mammifères, des oisillons. Le faucon crécerellette chasse en volant bas ou en faisant du vol sur place comme le faucon crécerelle. Il se laisse tomber lentement et ne pique sur sa proie qu’à un mètre ou moins.

Le faucon crécerellette est de la taille des tourterelles turques.

Reproduction : le faucon crécerelle niche en colonies qui peuvent atteindre 100 ou 200 couples. Il choisit pour faire son nid des cavités de rochers, de falaises ou de murailles, ce ne sont que des tas de pierres dans la Crau, ailleurs des remparts ou de vieux bâtiments, souvent des villages aux toits couverts de tuiles creuses. Il lui arriva aussi d’utiliser des nichoirs destinés à d’autres espèces comme pour le rollier dans l’Aude. Il n’y a pas d’apport de matériaux de construction du nid. Il lui faut un terrain de chasse à proximité (moins d’un kilomètre) où il trouvera des insectes en abondance. Le couple est fidèle durant toute une saison. C’est le mâle qui arrive le premier sur les sites de ponte et choisit l’endroit où le nid sera construit, c’est souvent le nid qu’il a utilisé la saison précédente avec une autre femelle. Une parade nuptiale lui permet d’attirer une femelle et de s’accoupler. La ponte a lieu à la mi-avril et comprend 4 à 5 œufs qui seront couvés par les deux parents pendant environ un mois. Les poussins restent au nid durant environ un mois également.

Une femelle de faucon crécerellette.

REMARQUES : parmi les menaces qui pèsent sur cette espèce, les plus importantes se situent sur les sites d’hivernage où la sécheresse dans les zones sub-saharienne est particulièrement préjudiciable à cette espèce. En France, on peut citer les mortalités dues aux éoliennes, celles moins nombreuses par électrocution sur les lignes, la compétition avec les choucas des tours, la dégradation des zones de nourrissage, les restaurations de bâtiments anciens qui suppriment les cavités où les nids sont construits.

Toutes les photos ont été prises le 7 juillet 2021 à Saint Pons de Mauchiens (34).

RÉFÉRENCES SUR LES OISEAUX :

Bousquet, 2019. Atlas des oiseaux du Gard. Ouvrage collectif. Centre Ornithologique du Gard.

Dubois, Le Maréchal, Olioso & Yésou, 2008. Nouvel inventaire des oiseaux de France. Delachaux & Niestlé.

Flitti, Kabouche,Kayser & Olioso, 2009. Atlas des oiseaux nicheurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur, 2009. Delachaux & Niestlé.

Gensbol, 1988. Guide des Rapaces diurnes, Europe, Afrique du Nord, Proche-Orient. Delachaux & Niestlé.

Geroudet, 1965. Les Rapaces diurnes et nocturnes d’Europe. Delachaux & Niestlé.

Harrison, 1975. A field guide to the nests, eggs and nestlings of British and European Birds. Collins.

Jonsson, 1994. Les Oiseaux d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Nathan.

Mullarney, Svensson, Zetterström & Grant, 1999. Le guide Ornitho. Delachaux & Niestlé.

Peterson, Mountfort, Hollom & Géroudet, 1994 (1ère édition en 1954). Guide des Oiseaux de France et d’Europe. Delachaux & Niestlé.

Vansteenwegen, 1998. L’histoire des oiseaux de France, Suisse et Belgique. Delachaux & Niestlé.

SITES SUR LES OISEAUX :

Les oiseaux de France

L’oiseau libre

 

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