La zygène du sainfoin

Les zygènes se reconnaissent aisément à leurs ailes noires avec des taches rouges, coloration aposématique qui prévient de leur toxicité. Chez la zygène du sainfoin, les taches rouges sont cerclées de blanc.

Zygaena carniolica Scopoli,1763

La zygène de la Carniole

La zygène de l’esparcette

Zygaena carniolica

POSITION SYSTÉMATIQUE :

Insecte – Lépidoptère – Hétérocère

Famille des Zygaenidae

Cette espèce présente de nombreuses variations de coloration qui sont à l’origine de la création d’un grand nombre de sous-espèces : 6 en France, 21 selon Fauna Europaea.

ETYMOLOGIE :

Zygaena vient du grec et signifie « joug terrible », c’est une allusion aux fortes antennes dirigées vers l’avant. Rémy Perrier précise que les zygènes étaient autrefois appelées « sphinx béliers ».

carniolica veut dire « de la Carniole », qui est une province de l’actuelle Slovénie qui a été gouvernée par les Habsbourg pratiquement sans interruption de 1335 à 1918. Elle compte parmi ses monarques le célèbre Ottokar II (de 1268 à 1278) dont le sceptre a fait l’objet d’une sombre machination heureusement déjouée par un jeune reporter belge.

Giovanni Antonio Scopoli (1723-1788), le descripteur de cette espèce est un médecin né au Tyrol auteur d’un ouvrage intitulé « Entomologia carniolica » et publié en 1763 avec 43 planches, et une classification qui suit celle de Linné. (in « Histoire de l’entomologie. Jacques D’Aguilar, 2006. Delachaux et Niestlé).

la zygène du sainfoin

DESCRIPTION :

Taille : envergure entre 25 et 32 mm

Forme, allure : Si l’allure générale est clairement celle d’une zygène, les motifs des ailes la placent dans un petit groupe d’espèces dont les taches rouges sont cernées de clair. Les ailes antérieures sont donc noires avec 5 ou 6 taches rouges cernées de blanc-jaunâtre. Les taches T2 et T4 sont séparées, la tache T6 est en forme de croissant. Le thorax présente un collier blanc jaunâtre, et l’abdomen un anneau rouge. Les ailes postérieures sont rouge vermillon. Les pattes sont noires. Les antennes ont l’extrémité arrondie.

Coloration : noir, rouge et blanc jaunâtre.

Comportement : cette espèce adopte un comportement peu fréquent mais qui est partagé avec 2 autres espèces de zygènes (Zygaena minos et Zygaena purpuralis) : les adultes se rassemblent en groupes pour passer la nuit au sommet de plantes qui surplombent le site.

DÉTAILS À VÉRIFIER :

Zygaena carniolica

AIRE DE RÉPARTITION, STATUT : il s’agit d’une espèce thermophile et donc essentiellement méditerranéenne que l’on trouvera dans toute l’Europe du sud. Elle se fait rare et semble en régression vers le nord. En France, elle est néanmoins présente dans une large portion est du pays, mais absente de « l’arc atlantique ». Elle est présente dans les Alpes.

HABITAT : l’espèce apprécie les pelouses sèches et les coteaux calcicoles.

PÉRIODE D’OBSERVATION : les imagos volent de mi-juin à mi-août.

la zygène de la Carniole

BIOLOGIE :

Alimentation : les adultes butinent de nombreuses fleurs, il est fréquent de la rencontrer sur les scabieuses. Les chenilles se développent sur des fabacées : le sainfoin cultivé (Onobrychis viciifolia), l’esparcette de montagne (Onobrychis montana), le lotier corniculé (Lotus corniculatus).

Reproduction : c’est une espèce univoltine (une seule génération par an). Les œufs sont pondus par petits amas sur les deux faces des feuilles. Les chenilles hivernent. Elles atteindront 20 mm au terme de leur développement, elles sont vert-pâle ou jaune-vert avec des taches noires sur chaque segment. La nymphose se déroule à la fin du printemps dans un cocon de forme ovoïde et de couleur jaunâtre.

REMARQUES : la coloration rouge et noire des zygènes est dite « coloration aposématique », elle informe les prédateurs éventuels de la toxicité de cette espèce, son hémolymphe contient de l’acide cyanhydrique.

Zygaena carniolica

RÉFÉRENCES :

Bellmann, 2006. Insectes et principaux arachnides. Vigot. (première édition en 1999).

Bellmann, 2007. Insectes d’Europe. Artémis.

Chinery, 2005. Insectes de France et d’Europe Occidentale. Flammarion.

Leraut, 2008. Le guide entomologique. Delachaux & Niestlé.

Bellmann, 2008. Quel est donc ce papillon ? Nathan.

Dardenne et al., 2008. Papillons de Normandie et des Iles Anglo-Normandes.

Laplanche & Corge, 2008. Papillons de Méditerranée. Edisud.

Martiré, Merlier & Turlin, 2016. Guide des plus beaux papillons et leurs fleurs favorites. Belin.

Novak & Severa, 1983. Le multiguide nature des papillons d’Europe. Bordas.

Perrier, 1935. La Faune de France Illustrée, tome IV, Hémiptères, Anoploures, Mallophages, Lépidoptères. Delagrave.

Fauna Europaea

Le Monde des Insectes   

La galerie du Monde des Insectes  

Les Insectes. Petit cours illustré d’entomologie 

6 pattes. Les papillons de la Vienne

Lepi’Net. Les carnets du Lépidoptériste Français

European Lepidoptera and their ecology 

Catalogue of the Lepidoptera of Belgium

Moths and Butterflies of Europe and North Africa 

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