Le chevreuil

Les passagers attentifs le voient le plus souvent depuis une autoroute juste à la limite entre le bois et le champs. L’espèce est aussi commune que sédentaire. Et pour faciliter le tout, c’est un des rares mammifères qu’on peut voir de jour et dans tous les types de milieu ruraux, voir péri-urbains.

Capreolus capreolus

ETYMOLOGIE

Capra c’est la chèvre. Capreolus signifie donc la petite chèvre.

 

DESCRIPTION :

Taille : C’est un animal qui mesure en 95 et 130 centimètres si on prend de la tête à la queue. Au garrot, l’espèce peut atteindre 75cm ce qui est légèrement plus grand qu’un chien comme le berger allemand. Le cerf élaphe, l’autre cervidé de France, mesure lui entre 120 et 150 cm comme… les vaches.

Mais sur le terrain, on est souvent trompé par les ordres de taille surtout avec les animaux élancés. Essayez de repérer l’animal par rapport à un piquet ou une barrière. Un chevreuil non stressé préférera naturellement passer sous des barbelés (bien qu’il soit largement capable de sauter par dessus) ce qui constitue un indice de taille assez clair.

Forme, allure : C’est un animal élégant et élancé qui a l’allure typique des cervidés. Sa démarche est légère et avec son talon haut perché, on a parfois l’impression que les pattes arrières sont fébriles et étrangement articulées (comme un genou vers l’arrière). De plus, les pattes arrières semblent plus longues et donnent au chevreuil l’air d’être toujours penché vers l’avant.

Les mâles (appelés Brocards) possèdent des bois qui tombent chaque automne pour repousser dès le début de l’année. Les femelles (chevrettes) n’ont pas de bois.  

Coloration : Brun roux durant la période de reproduction, brun terne l’hiver. Dans les deux cas, le pelage du chevreuil est adapté à la luminosité saisonnière pour se fondre dans l’environnement.

Comportement : On le voit très souvent en petit groupe le long des lisières paître à la recherche de végétaux précis (voir alimentation). C’est à la limite entre les champs ou prairies d’une part et les bois ou forêt de l’autre qu’on le voit le plus souvent. Particulièrement vigilante, l’espèce relève la tête au moindre bruit et à la moindre odeur. Elle fuira en quelques bonds pour disparaître du côté boisé.

Quand ils broutent côté prairie, ils peuvent passer inaperçus de loin (de près ils auraient déjà fui) car leurs mouvements (et leur couleur comme vu précédemment) n’attirent pas l’attention.

L’espèce est largement sédentaire et son territoire très restreint. Elle laisse un certain nombre de traces dans les bois. Des tiges de ronces grignotées au bout, des litières ou des passages (coulées)  sont les plus fréquents.

Le numéro 66 de La Hulotte consacrée au Chevreuil est particulièrement bien documenté à ce sujet.

 

DÉTAILS À VÉRIFIER :

Difficile de confondre le chevreuil sinon de loin avec le cerf élaphe. Mais ce dernier est résolument forestier alors que le chevreuil est aussi un animal présent dans les haies, les bocages et les petits bois. Pareillement, la taille est sans commune mesure ; le chevreuil est plus petit. Enfin l’allure : le chevreuil a souvent la tête au niveau de son postérieur là où le cerf tient la tête bien droite.

 

AIRE DE RÉPARTITION, STATUT : L’espèce recouvre complètement le continent européen à l’exception des îles.

L’espèce est chassable mais pourtant bien présente partout en France tant que l’anthropisation n’est pas extrême. Personne n’est vraiment capable de déterminer exactement le nombre d’individus en France mais la Fédération Nationale des Chasseurs – ONCF estimait qu’entre 1,5 et 2 millions de chevreuils foulaient la France en 2008.

 

HABITAT :

Polyvalente, l’espèce a colonisé quasiment tous les habitats. Mais le chevreuil reste un animal de lisières et c’est souvent là qu’on le verra. Le plus communément entre un bois et un champs.

C’est dans les grands massifs forestiers (Landes, Sologne, …) qu’on trouvera les plus grandes densités de populations.

 

PÉRIODE D’OBSERVATION :

Il est visible toute l’année, est sédentaire et territorial. Un territoire d’ailleurs relativement petit (environ 40-50 hectares) qui fait qu’on peut le voir très régulièrement aux mêmes endroits.

 

BIOLOGIE :

Alimentation : Lierres, ronces, céréales, luzernes mais aussi les glands et les faînes en hiver. Mais aussi au printemps les parties les plus tendres des végétaux comme les bourgeons et les jeunes feuilles  

Reproduction : La saison de la reproduction se déroule en plein cœur de l’été entre juillet et août. Mais le chevreuil possède une originalité reproductive : l’ovo-implantation différée. L’œuf reste inactif jusqu’à la fin décembre et c’est seulement à ce moment là que la gestation commence. Vers le 15 mai et dans les quelques semaines suivantes, la majorité des faons de l’année naîtront. Une femelle élève généralement 2 faons par portée. Parfois 1 (notamment chez les chevrettes les plus légères), parfois 3 pour les chevrettes les plus vigoureuses et expérimentées. Les petits restent avec leur mère jusqu’à la mise à bas suivante.

Cri : Difficile de ne pas confondre le cri du chevreuil avec l’aboiement d’un chien. Sinon que le chien a tendance à aboyer plusieurs fois de suite alors que le chevreuil ne pousse qu’un cri à la fois. A noter tout de même que le chevreuil aboie peu et généralement quand il est intrigué par un prédateur ou un promeneur dissimulé.

 

REMARQUES NATURALISTES :

Certainement grâce à la couleur de son pelage, l’animal ne saute pas aux yeux quand on est à distance. Quand il broute en lisière, il est paisible et ne fait pas de mouvements brusques. En bref, il ne saute pas toujours aux yeux et le promeneur sera inspiré de ralentir sa marche et d’être silencieux lorsqu’il s’apprête à franchir la lisère entre une zone boisée et une zone ouverte.

On le surprendra plus régulièrement si on avance face au vent.

 

REMARQUES : 

Si vous trouvez un faon couché en boule dans l’herbe, inutile de le prélever pour l’apporter à un centre spécialisé ; il n’est ni abandonné, ni perdu. Eloignez vous au plus vite, la femelle est dissimulée dans les alentours très proches et attendra votre départ pour récupérer le faon.

 

REFERENCES :

Groupe Mammologique Breton, 2015. Atlas des mammifères de Bretagne. Locus Solus.

Haffner, Savouré-Soubelet, 2015. Sur la piste des mammifères sauvages. Dunod.

Bang, Dahlström, 1999. Guide des traces d’animaux. Delaschaux et Niestlé.

Déom, 1992, La Hulotte #66. Editions Passerage.

http://ecureuils.mnhn.fr/ecureuil-roux/dossiers-scientifiques/systematique-et-repartition

http://www.sfepm.org/pdf/FICHEDESCRIPTIVEEcureuils_MNHN.pdf

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