Quel est cet animal vous aide à déterminer les animaux de tout genre que vous pouvez rencontrer en France et en Europe.
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Le doryphore

Cette chrysomèle était connue autrefois comme un véritable fléau en raison de sa capacité à pulluler et à dévaster les champs de pommes de terre. Le nom de « doryphore » fait partie des surnoms « amicaux » donnés à nos envahisseurs gros mangeurs de ce tubercule lors de la deuxième guerre mondiale. Le doryphore a aujourd’hui considérablement régressé sans toutefois disparaître totalement.

Leptinotarsa decemlineata Say,1824

Le doryphore ne peut être confondu avec aucune autre de nos chrysomèles.

POSITION SYSTÉMATIQUE :

Insecte, Coléoptère

Famille des Chrysomelidae, sous-famille des Chrysomelinae

ETYMOLOGIE :

Le nom de genre Leptinotarsa signifie « aux tarses grêles ».

Le nom d’espèce decemlineata veut dire « avec dix lignes », cinq sur chaque élytre.

Le nom vernaculaire, « Doryphore » se traduit par « qui porte une lance », ce nom n’est pas adapté cette espèce, mais à d’autres espèces du genre qui ont une épine sternale.

Pour les américains et les anglo-saxons, il se nomme « Colorado potato beetle », qu’il n’est pas besoin de traduire.

Leptinotarsa decemlineata, les 10 lignes noires des élytres justifient le nom d’espèce.

DESCRIPTION :

Taille : il mesure entre 8 et 10 mm.

Forme, allure : c’est une chrysomèle au corps ovale et bombé comme une grosse coccinelle (qui n’est pas un Chrysomelidae). Les élytres sont jaunâtres ou crème avec cinq bandes longitudinales noires de chaque coté. Les antennes sont courtes, elles n’atteignent pas le milieu des élytres et s’élargissent à l’extrémité. La tête et le pronotum sont jaune orangé avec des taches noires variables en forme et en nombre selon les individus.

Coloration : jaune et noir

Comportement : les doryphores volent bien ce qui leur permet de coloniser de nouveaux sites.

DÉTAILS À VÉRIFIER :

Leptinotarsa decemlineata.

AIRE DE RÉPARTITION, STATUT : c’est une espèce originaire d’Amérique latine (Mexique, Costa-Rica, Colombie, Bolivie) qui se nourrissait de Solenaceae sauvages. Elle est arrivée en 1811 aux Etats Unis et elle a prospéré dans les cultures de pommes de terre à partir de 1859. Elle a été introduite en Europe à la fin de la guerre de 1914-1918 et a également ravagé les champs de pommes de terre. Elle est présente dans toute l’Europe jusqu’en Russie, absente de Corse elle est présente en Sicile. Bien que ses effectifs aient considérablement diminué à la suite de traitements massifs avec des insecticides. Ceux-ci se sont révélés plus nocifs qu’efficaces car l’espèce a développé des résistances aux pesticides. Elle est présente aujourd’hui de façon sporadique et l’élimination à vue des imagos et des larves suffit à contrôler les populations.

Le doryphore marche lentement mais il vole très bien.

HABITAT : friches et cultures de solénacées (pommes de terre, aubergines).

PÉRIODE D’OBSERVATION : avril à octobre.

BIOLOGIE :

Alimentation : les imagos et les larves se nourrissent de Solenaceae sauvages (morelle noire) ou cultivées (pommes de terre, aubergines).

Accouplement de doryphores.

Reproduction : la reproduction chez les insectes est régie par des facteurs externes qui déclenchent les contrôles hormonaux chez les imagos. Le doryphore est un exemple d’insecte dont la reproduction est contrôlée par la photopériode, il se reproduit en jours longs.

Les imagos femelles qui émergent en jours longs (plus de 12h par 24h) commencent leur vitellogénèse (production des œufs) en deux jours, elles s’accouplent les troisième et quatrième jours et commencent à pondre dès leur cinquième jour. Ensuite, leur production d’œufs est continue et proportionnelle à la nourriture disponible. Les œufs sont pondus dressés sur les feuilles par paquets de vingt ou trente, ils sont orangés et mesurent 2 mm sur 0,8 mm. Après la ponte, les larves mettent dix à quinze jours pour éclore. Elles sont de type éruciforme, orangées avec des taches noires. Elles consomment les feuilles et se nymphosent dans le sol (à dix centimètres de profondeur) après trois mues. Le stade nymphal dure dix à vingt jours et il en émerge une nouvelle génération d’imagos. Le cycle complet dure entre un mois et un mois et demi, et il peut y avoir trois générations par an. Compte tenu du fait que chaque femelle pond généralement 800 œufs (parfois jusqu’à 1000 ou 3000) on comprend que lorsque la nourriture n’est pas limitante l’espèce puisse pulluler, sa capacité à voler lui permettant en outre de passer d’un champ à un autre.

Les imagos femelles qui naissent en jours courts (automne) ne se reproduisent pas. Toute la nourriture qu’ils consomment est transformée en réserves dans le tissu adipeux pour la préparation de la diapause. Après dix à onze jours, les imagos nés en jours courts s’enterrent pour passer l’hiver en diapause sans s’être accouplés. Ils se réveilleront au printemps suivant lorsqu’ils auront accumulés 50 à 250 degrés-jours (les degrés-jours consistent à cumuler la température moyenne quotidienne dans la durée, 25 jours à 10 degrés font 250 degrés-jours).

Fléau historique des cultures de pommes de terre le doryphore est aujourd’hui devenu rare.

REMARQUES :

La coloration jaune rayée de noir est une coloration aposématique qui signale un goût désagréable et une toxicité due aux terpénoïdes extraits des plantes ingérées. Cette particularité diminue le nombre des prédateurs naturels et favorise aussi la capacité de reproduction de cette espèce.

Les traitements chimiques massifs utilisés sur les champs de pommes de terre pour tenter d’éradiquer cette espèce ont eu comme effet collatéral la forte régression du sphinx tête de mort dont les chenilles se développent aussi sur les Solenaceae.

Très modestement mais à la manière de J.H. Fabre qui s’appuyait sur les jeunes garçons de son village pour s’approvisionner en insectes de la garrigue voisine, je dois la collecte de ces trois doryphores à mon petit-fils Louis, naturaliste dans l’âme et dont l’œil est très exercé. Les exemplaires photographiés ont été récoltés le 20/05/2020 à St Georges de Rouelley (50).

 

RÉFÉRENCES GÉNÉRALISTES :

Bellmann, 2006. Insectes et principaux arachnides. Vigot. (première édition en 1999).

Chinery, 2004. Complete guide to British Insects. Collins.

Chinery, 2005. Insectes de France et d’Europe Occidentale. Flammarion.

Dierl & Ring, 2009. Guide des Insectes. Delachaux & Niestlé.

Reichhoff-Riehm, 1983. Les Insectes. France Loisirs. (d’abord édité chez Solar).

RÉFÉRENCES SUR LES COLÉOPTÈRES :

Albouy et Richard, 2017. Coléoptères d’Europe. Delachaux et Niestlé.

Mériguet & Zagatti, 2016. Coléoptères du Bassin Parisien – Guide d’identification de terrain. Delachaux & Niestlé.

Perrier, 1932. La Faune de France Illustrée, tome VI, Coléoptères 2ème partie. Delagrave.

SITES GÉNÉRALISTES :

Le Monde des Insectes (France – en français)

Les Insectes – site de Alain Ramel (France – en français)

Les pages entomologiques d’André Lequet (France – en français)

Fauna Europaea (Allemagne – en anglais)

SITES SUR LES COLÉOPTÈRES :

Kerbtier – Beetle fauna of Germany (Allemagne – en anglais)

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